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Jeu de société Deus : Présentation et Avis

Jeu de société Quadrigatus

Dans Deus, les joueurs cherchent à développer leur cité antique et à étendre leur emprise sur le monde, à coups de conquêtes militaires et de construction de bâtiments, pour se couvrir de gloire… et de points de victoire. Voici les principes de ce jeu de société qui a tout pour plaire aux amoureux d’antiquité romaine.

Une partie de Deus réunit de 2 à 4 joueurs et s’articule autour d’un plateau central formé de multiples espaces représentant des régions, qui sont de types et natures différents : forêts, montagne, champs, mer… Au fil du jeu, les joueurs vont peu à peu prendre possession de ces régions pour y développer leurs villes et leurs constructions. Ils devront choisir minutieusement leurs actions et faire preuve de stratégie, pour engranger les précieux points qui leur apporteront la victoire.

Partir à la conquête du monde, bâtir des villes et faire appel aux dieux

Les joueurs débutent une partie de Deus avec 5 cartes en mains, de l’or, quelques ressources et un plateau individuel placé devant eux, sur lequel sont disposés des pions de bois symbolisant différents types de bâtiments. Les cartes vont permettre à chacun de placer des bâtiments sur le plateau de jeu et de prendre possession de certaines régions, afin d’asseoir leur emprise sur la partie. Au cours de celle-ci, les joueurs vont renouveler régulièrement leurs cartes et leur stock de bâtiments, gagner et dépenser des ressources, de l’or, des points de victoire

Quand vient leur tour, les joueurs peuvent au choix :
Construire un bâtiment
Pour cela, ils jouent une carte de leur main et érigent un bâtiment en s’acquittant de son coût de construction, payable en or et/ou ressources (4 unités d’or remplacent une ressoruce). Ils prennent un pion de bois représentant précisément ce type de bâtiment sur leur plateau individuel et le placent sur le plateau. A chaque couleur de carte correspond un type de bâtiment : production, sciences, maritime, temple…

ou
Offrir un sacrifice aux dieux
Dans ce cas, les joueurs se défaussent d’une partie ou de la totalité des cartes qu’ils ont en main. Ils font ce sacrifice auprès de la divinité de leur choix, parmi les 5 ou 6 disponibles. Chaque divinité a des effets qui lui sont propres et qui permettent au joueur de récupérer différents types d’éléments comme de l’or, ou des ressources, ou des points de victoire… et également au moins un bâtiment pour alimenter leur réserve. Un sacrifice à Neptune permet par exemple de récupérer de l’or (2 pièces par carte défaussée) et un bâtiment maritime.

Dans Deus, les joueurs partent à la conquête de régions produisant des ressources, élèvent des bâtiments sur leur chemin et manipulent des troupes.

Dans Deus, les joueurs partent à la conquête de régions produisant des ressources, élèvent des bâtiments sur leur chemin et manipulent des troupes.

Les joueurs colonisent peu à peu le plateau divisés en régions, qui produisent des ressources différentes, en lien direct avec le type de terrain représenté : les montagnes produisent de la pierre, les marais de l’argile, les champs du blé, les forêts du bois, etc…
Cette notion de terrains produisant des ressources particulières fait penser à la mécanique de Catane, mais elle s’avère moins marquée, moins prédominante avec Deus, où le recours au système monétaire constitue une alternative permettant éventuellement de compenser d’éventuelles lacunes en ressources.

Érigez des temples…

Les joueurs peuvent aussi cumuler les bâtiments sur une même région, afin de bénéficier d’effets intéressants. Le temple est un type de bâtiment particulier. Il ne peut se placer que sur une région ayant déjà accueilli un bâtiment au préalable, particulièrement, mais il s’avère puissant. Son effet intervient en toute fin de partie, au moment de compter les points de victoire. Un temple peut rapporter à lui seul jusqu’à 12 points, si les conditions énoncées sur la carte le représentant sont remplies par le joueur. Ces conditions sont différentes d’un temple à l’autre.
Les temples peuvent avoir une incidence déterminante dans la partie. Les joueurs peuvent en construire plusieurs, mais ils sont de plus en plus difficiles à faire entrer en jeu.

Les temples jouent un rôle clef dans l'issue de la partie et sont susceptibles d'orienter votre stratégie en cours de route.

Les temples jouent un rôle clef dans l’issue de la partie et sont susceptibles d’orienter votre stratégie en cours de route.

L’intervention des dieux, la gestion des temples et leur poids dans l’issue de la partie font d’ailleurs penser à l’extension Pantheon de 7 Wonders Duel.

…et levez des armées

La conquête prend également une dimension militaire. Des armées peuvent être déployées sur le terrain de jeu, où elles sont susceptibles de se déplacer, contrairement aux bâtiments qui restent, eux, évidemment en place une fois posés. Ces troupes permettent d’aller voler de l’or ou des ressources aux autres joueurs, mais aussi et surtout d’attaquer des villages barbares disséminés ici et là sur le plateau pour s’emparer des points de victoire qu’ils renferment.

Si la partie s’installe progressivement, à mesure que les premiers bâtiments entrent en jeu, elle s’accélère quand les cartes s’accumulent et que leurs effets s’enchaînent en cascade. Lorsqu’ils jouent une carte pour faire entrer un bâtiment en jeu, les joueurs la conserve au dessus de leur plateau. En cours de partie, les effets de celles-ci s’additionnent, permettant de collecter des ressources, de l’or, des pièces.

Une partie de Deus prend fin lorsqu’il n’y a plus de temples disponibles dans la réserve commune aux joueurs, ou que tous les villages barbares ont été attaqués.

On fait alors le décompte des points de victoire, en additionnant ceux que l’on a collectés tout au long de la partie à ceux octroyés par les temples. Le joueur qui termine avec le plus grand nombre de points l’emporte, tout simplement !

Aspects romains dans Deus

Avec ce nom plein de promesses, on s’attend à ce que Deus fasse la part belle à l’antiquité romaine. Et c’est bien le cas, puisque les nombreuses cartes qui composent le jeu sont en relation directe avec le monde romain : Galères, Centurions, Arcs de triomphe, Forums… pas de doute, les différents éléments caractéristiques de Rome et de la romanité sont bien présents à travers le jeu.

Des forums, des arcs de triomphe, des galères et des centurions.... pas de toute, on est bien dans l'antiquité romaine

Des forums, des arcs de triomphe, des galères et des centurions…. pas de toute, on est bien dans l’antiquité romaine

Les divinités romaines elles-mêmes s’invitent à la fête, associées chacune à un pouvoir en phase avec ses attributs. Mars est ainsi associé à la guerre, Neptune à la mer, Cérès aux ressources… et ainsi de suite, jusqu’à Jupiter, puissant joker qui permet d’invoquer les pouvoirs de n’importe laquelle des autres divinités, quand on ne dispose pas d’une carte permettant de la jouer directement.

Petit bémol : les divinités sont bien listées et nommées dans la règle du jeu, mais leur nom n’apparaît nulle part sur les plateaux ou les cartes, et elles ne sont pas non plus symbolisées ou matérialisées à travers quelque élément que ce soit. Une aide mémoire sur chaque plateau individuel permet de visualiser les effets d’un sacrifice de cartes, si bien que cet aspect panthéon ne relève au bout du compte que du contexte narratif. Un peu mince, pour le coup.

Notre verdict

Deus se présente comme un jeu de société aux mécaniques bien huilées, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler Catane ou 7 Wonders par certains aspects.

Deus soutient la comparaison avec ces titres et tient sa place à leurs côtés dans toute ludothèque. Les amoureux d’antiquité romaine, sans être complètement transportés aux premiers siècles de notre ère par les éléments du jeu, apprécieront de construire une cité florissante et de partir à la conquête du monde.

On aime

  • Éléments de jeux sympas avec de petits pions de bois figurant les différents types de bâtiments
  • Les illustrations des cartes, bien que discrètes, sont agréables et crédibles
  • Mécaniques de jeu intéressantes

On aime moins

  • Les dieux sont présents en concept mais ne sont pas matérialisés par des éléments de jeux
  • Si les éléments de jeu représentant les bâtiments sont soignés, ceux représentant les ressources sont minimalistes

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